Vendredi 6 février, à cinq semaines des élections municipales (des 15 et 22 mars), les principaux candidats à la Mairie de Paris étaient réunis pour la première fois. Ainsi, Pierre-Yves Bournazel, Sophia Chikirou, Rachida Dati, Emmanuel Grégoire, Sarah Knafo et Thierry Mariani ont tous répondu présents à l’appel de la CPME Paris et du MEDEF Paris pour une grande audition.
Face à quelque 400 entrepreneurs, les candidats se sont succédé pour exposer leur vision et leur programme. Urbanisme, propreté, sécurité, gestion financière et fiscale de la ville, mais aussi mesures d’impact et concertation avec les organisations patronales, de nombreux sujets décisifs pour les entrepreneurs ont pu être abordés.
Un engagement commun : la concertation
Tous les candidats se sont engagés à mener des études d’impact en concertation avec nos organisations représentatives professionnelles avant chaque grande décision. Une promesse encourageante, à l’heure où Bernard Cohen-Hadad – président de la CPME Paris – rappelle « l’urgence de rétablir le dialogue par un ‘pacte de confiance’. »
- Pierre-Yves Bournazel propose un « Conseil des entrepreneurs » pour participer aux études d’impact et évaluer les politiques publiques. Objectif affiché : officialiser la place des entrepreneurs dans le processus de décision.
- Sarah Knafo évoque le recours à l’IA pour simuler les impacts de chaque projet d’aménagement, grâce à la création d’un jumeau numérique de la ville de Paris. Autre proposition : un référendum obligatoire pour tout projet d’investissement de plus de 10 millions d’euros.
- Rachida Dati s’engage à consulter les représentants des milieux économiques avant les aménagements les plus structurants, notamment en matière de plan de circulation.
- Sophia Chikirou défend un « CESE parisien » (Conseil économique, social et environnemental) afin que les élus et les entrepreneurs puissent se concerter. Elle entend également élargir les conseils de quartier aux commerçants et aux artisans.
- Emmanuel Grégoire propose un nouveau pacte de gouvernance des affaires économiques : un Conseil économique, social et environnemental parisien, un Conseil d’investissement, des Comités de filières et une plateforme numérique « Services entreprises ».
- Thierry Mariani plaide pour la mise en place d’un Conseil économique, et la participation d’acteurs économiques aux différents Comités municipaux.
Dans une tribune publiée peu après cette grande audition, le président de la CPME Paris réaffirme : « La méthode verticale, brutale, sans concertation, doit cesser. La création immédiate d’un Conseil économique, social et environnemental parisien (CESEP), que nous réclamons avec force, a été plébiscitée par tous les candidats. Nous ne voulons plus être consultés pour la forme. Nous voulons une instance participative dotée d’un budget propre, capable d’auditionner, de mener des contre-expertises et d’alerter préalablement sur les effets des décisions d’aménagement. »
L’analyse de Bernard Cohen-Hadad
Suite à cet exercice démocratique, Bernard Cohen-Hadad appelle à l’alternance. Il plaide pour un choc de pragmatisme, afin de sauver les commerçants, les TPE et les PME de Paris.
« Le statu quo n’est plus une option. Pour nos TPE-PME, pour nos commerces, pour l’âme même de nos quartiers, l’alternance n’est pas un vœu pieux. C’est une question de survie. En effet, 51 % des dirigeants de PME envisagent de quitter Paris ! * », explique-t-il. *Sondage CpmeParis-Cluster17 – novembre 2025
En outre, le président de la CPME Paris dénonce « une déconnexion totale entre l’exécutif municipal sortant et la réalité du terrain. Comment accepter que la note moyenne attribuée par les entrepreneurs à la majorité municipale plafonne à 2,4/10 ? Comment tolérer que seuls 7 % des chefs d’entreprise jugent l’accompagnement administratif efficace ? Entre une fiscalité devenue punitive (avec une taxe foncière qui a explosé de près de 88 % en dix ans) et une dette abyssale de 9,3 milliards d’euros, l’entreprise parisienne a été traitée comme une variable d’ajustement budgétaire, une ‘vache à lait’. »
« Les 15 et 22 mars 2026, nous ne voterons pas seulement pour un Maire. Nous voterons pour que Paris cesse d’être une vitrine brillante à l’international mais brisée à l’intérieur. Nous voterons pour que Paris redevienne une ville où il fait bon entreprendre, travailler et vivre. L’alternance n’est pas un choix, c’est une nécessité vitale. » conclue-t-il.


